Comment éviter le glyphosate

Peu importe que les gouvernements décident de renouveler l’autorisation du glyphosate : c’est à nous, citoyens, de décider si nous l’utilisons ou pas. Voici pourquoi, et comment.

Pourquoi éviter le glyphosate (et les herbicides en général) ?

Comme beaucoup, j’ai regardé le reportage sur ARTE (en bas de cet article), mais j’ai également lu de nombreuses sources contradictoires, y compris sur le site de Monsanto (inventeur du Roundup, désherbant célèbre à base de glyphosate) afin de voir ce qu’ils avaient à dire « pour leur défense ».
Comme vous pouvez l’imaginer, si j’ai créé Ecolozen c’est que je suis écolo dans l’âme. Par conséquent, j’aurais tendance, par principe de précaution, de refuser  toute chimie dans mon alimentation, mon jardin…
Mais je suis également de formation scientifique et entouré de chercheurs, et ce que j’ai retenu de leur expérience, c’est qu’il fallait toujours, toujours :
  1. Garder un esprit critique afin de réduire les risques de se faire manipuler, quelque soit la source : que ce soit par les industries, les états, les médias, ou même ses voisins ou amis voire ses propres biais psychologiques – biais que nous avons tous
  2. Tenter, en tant que chercheur, de valider des résultats d’une expérience de manière irréfutable, et non d’essayerà tout prix de justifier une conviction personnelle.
Les débats que j’ai pu lire ici et là sur le glyphosate sont souvent assez peu productifs car pour de nombreuses personnes (c’est normal et humain), le sentiment et les idéologies passent au delà des mesures factuelles.
Bref. Il n’est pas ici question de rentrer dans le débat de la nocivité ou non du glyphosate, mais de savoir comment – dans le doute – vous et moi pouvons nous en passer. Parce que si les détracteurs du glyphosate ont raison, je serai bien content d’avoir évité le pire, pour ma famille et mes proches, et pour vous, que je tente de conseiller à mon humble niveau.
Petit aparté quand même : sur le site officiel regroupant les fabricants de glyphosate on peut lire ceci en bas de page : « Avant toute utilisation de produits à base de glyphosate, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement ».
Cher regroupement des producteurs de glyphosate, je vais suivre vos conseils et donc proposer dans cet article des alternatives à ce que vous produisez.

 

Qui utilise le glyphosate ?

Mais au juste, qui utilise le glyphosate et autres herbicides ? Pour savoir comment réduire la quantité de glyphosate utilisée dans le monde, il faut d’abord savoir qui en fait usage. En voici les principaux utilisateurs :

  • L’agriculture (en grande majorité)
  • Les voies de chemin de fer et de certaines routes
  • Certains gestionnaires d’espaces verts, de certaines forêts et même milieux aquatiques
  • Les jardins de particuliers

Comment éviter le glyphosate (et les herbicides en général) ?

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que quelques soient les multinationales et leur force de conviction, leur lobbies, et leurs moyens de pression, c’est à  l’utilisateur final que revient le droit de décider d’acheter ou non leurs produits.
Voici en vrac quelques pistes (qui seront complétées au fur et à mesure de l’année) que je pense être bonnes de faire à notre échelle pour diminuer, voir faire disparaître les herbicides de nos vies.

En tant que consommateur

Côté jardin

  • Ne (pas) ou ne plus acheter le produit à base de glyphosate type Roundup.  Retrousser ses manches et désherber son jardin à la main. Je l’ai fait l’autre week-end en famille tout en discutant et c’était un moment privilégié 🙂
  • Pour réduire à néant les herbes toute une surface avant plantation, recouvrir de carton (qui est biodégradable) la zone concernée. L’hiver passé, il n’y aura plus aucune herbe visible.
  • Pour éviter que les adventices (communément appelées « mauvaises herbes ») repoussent après désherbage autour de ses plantations, pailler le sol (avec le la paille, des copaux de bois…), le paillage privant de lumière le sol, les adventices ne repousseront plus. Autres effets bénéfiques du paillage :
    • réduire les différences de température du sol (ce qui peut éviter le gel l’hiver)
    • garder l’humidité (ce qui permet de réduire la consommation d’eau d’arrosage)
    • in fine, ajouter des nutriments lors de la décomposition du paillage
  • Associer des cultures qui occupent le terrain et ne laisse pas la place aux adventices de pousser
  • Accepter de ne pas désherber : cela a du sens, en particulier, pour les arbres fruitiers
  • Démarrer son jardin ou son potager en permaculture : la nature fera son boulot.

 

Côté alimentation

  • Consommer du non traité, si possible du bio, pour sa santé, mais également pour encourager ces modes de production car c’est notre demande qui créera l’offre.
  • Se rapprocher des fournisseurs (agriculteurs, AMAPs) pour savoir ce qui est utilisé pour désherber les cultures. Acheter en direct les encouragera également à faire de la qualité plutôt que de la quantité, en récupérant une partie de la marge de la grande distribution.
Monsanto menace d’attaquer les pays qui veulent interdire le Roundup. Mais vont-ils attaquer tous les acheteurs qui cessent d’acheter leurs produits ? Bien évidemment, non. Comme disait Coluche : « quand on pense qu’il suffirait que les gens arrêtent de les acheter pour que ça se vende plus ». CQFD.

En tant qu’agriculteurs

N’étant moi même pas agriculteur, je me garderai bien de donner tout conseil technique. Cependant, quand je vois que les fermes comme la ferme du Bec Hellouin (qui est un exemple parmi d’autres) arrive à produire, sans aucun pesticide, davantage de richesses que l’agriculture intensive, à surface équivalente, je suis confiant qu’arrêter les pesticides est une histoire de changement de méthodes. Changement que nous pouvons insuffler et encourager par nos propres modes de consommation, mais également par notre communication auprès de notre réseau (les amis, la famille, mais également les commerçants et producteurs).

Si vous êtes agriculteur-trice et souhaitez contribuer sur ce sujet, n’hésitez pas à commenter cet article – en gardant en tête que le but n’est pas de dire si le glyphosate est nocif ou pas, ni qu’il est pratique ou pas, mais de proposer des solutions pour réduire ou supprimer ledit produit. Tout témoignage d’expérience alternative est donc le bienvenu !

Pour conclure

Même si dans l’absolu, je ne suis pas contre signer des pétitions, je pense que l’acte, le vrai, est d’agir à son niveau pour changer les choses.
Et vous ? Partagez vos remarques sur Twitter, Facebook ou en commentaire de cet article. En évitant la polémique et se concentrant sur les solutions à notre échelle, merci 🙂

Et pour aller plus loin…

Beaucoup moins glamour et moins « écolo-zen », le documentaire diffusé sur ARTE reste néanmoins intéressant (même si ses détracteurs diront que c’est un documentaire « à charge ») :
Voici ce que j’ai retenu des potentielles propriétés délétères du glyphosate annoncées dans le documentaire d’ARTE :
  • A l’origine, la molécule était utilisée pour nettoyer les canalisations industrielles car elle a la faculté de dissoudre les métaux. La conséquence que le documentaire affirme, c’est que les métaux lourds sont par conséquent liés au glyphosate, ce qui les fait lentement mais sûrement couler dans les sources d’eau potable (ce qui serait le cas d’un puits au Sri Lanka)
  • La molécule a également une propriété d’antibiotique à spectre large (c’est à dire qu’elle tue toutes les bactéries). Les problèmes annoncés sont alors
    • La résistance croissante des bactéries aux antibiotiques, avec des risques sanitaires associés (avant l’invention des antibiotiques, on mourrait des infections bactériennes).
    • Cette même résistance serait à terme transmise aux animaux et aux gens qui les consomment.
    • La destruction partielle de notre microbiote (les « bons » microbes de notre système digestif, qui sont les bases de notre système immunitaire)
  • Pour finir, le glyphosate serait un perturbateur endocrinien, ce qui aurait notamment un effet très grave sur la croissance des foetus à certains stades de sa croissance, générant des malformations.

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