EcoVillage de Pourgues

L’écovillage de Pourgues se base sur « reconquérir l’autonomie » en premier lieu dans le domaine de l’éducation (des enfants), enfants qui « sont pleinement responsables de leur vie, sans coercition ».

Comment j’ai connu : Ramin (le fondateur) nous a présenté le projet sur son stand lors d’un salon parisien, nous avons sauté sur l’occasion pour nous inscrire à une semaine de vacances immersives (ce, avant de découvrir la formation de la pépinière OASIS à laquelle je me suis inscrite plus tard).

Rappel : cet article a pour vocation de lister ce que j'ai envie de retrouver dans mon futur écolieu idéal, ce que je veux éviter dans ce même éco-lieu, et les apprentissages personnels qu'ils ont pu m'apporter. Ce n'est pas un "avis utilisateur"...

Fiche technique

  • Lieu : Pourgues, 09130 Le Fossat
  • Date de création : 2017
  • Nombre de résident·e·s : 35 personnes de 2 à 44 ans
  • Collectif ou communauté ? Collectif
  • Bâti : 1000 m2 pour 12 logements + des habitats légers.
  • Surface du terrain : 50 ha
  • Structure juridique principale : Coopérative d’habitant (SAS Coopérative ou coop ALUR) + association.
  • Fondamentaux du collectif (par le prisme de ma propre perception) : école démocratique, liberté individuelle.
  • Ouvert au public ? Seulement pendant les stages, vacances, formations.
  • Modèle économique : faire payer une participation (un loyer ?) aux habitant·e·s, qui travaillent à l’extérieur, a priori; proposer des séjours de vacances d’été « all inclusive ».
  • Plus d’infos : ecovillagedepourgues.coop

Ce que je prends

  • Une piscine commune pour un grand groupe, c’est quand même chouette…
  • Le cadre était vraiment très beau (même s’il sera probablement très sec dans 20 ans…)
  • Ramin, co-fondateur, est un « entrepreneur » dans l’âme, même s’il fait tout pour que le groupe soit autonome… Ça me fait penser qu’un leader, ça peut être salutaire pour créer un écovillage. Je pense que sans lui, rien ne se serait passé…
  • 400 arbres fruitiers plantés, ça fait rêver ! 50 ha majoritairement de prairies, ça laisse beaucoup de place pour planter des arbres !
  • La cuisine professionnelle en inox avec beaucoup d’espaces et de plans de travail… Idéal pour faire de grandes portions et gagner en temps et en énergie !
  • L’achat en vrac en commun (céréales, fruits et légumes…).
  • Dormir en yourte par temps caniculaire, c’est bien !

Ce que je laisse

  • L’école démocratique, ce n’est pas pour moi (ni pour mon fils). Je cite le site officiel : « Le courant éducatif des écoles démocratiques se base sur un principe simple : les enfants sont considérés comme des personnes à part entière, libres auteurs de leur chemin de vie. Ils sont responsables de leurs choix quotidiens, ce qu’ils font de leurs journées et ce qu’ils apprennent. » Même si sur le papier cela semblait une idée honorable, j’étais déjà dubitatif avant de venir mais je voulais voir avant de me faire une opinion plus tranchée… Les résultats que j’en ai vus ne m’ont nullement convaincus (je n’ai pas trouvé les enfants « autonomes »). Autant je veux bien qu’on critique les limites de l’école classique, autant je pense qu’il faut un cadre et des objectifs. Et quand j’ai vu qu’une gamine de 11 ans était incapable de faire une soustraction à 2 chiffres et à utiliser des mots précis pour s’exprimer, cela m’a conforté dans ma vision. => pépite 1…
  • Une liberté exacerbée du groupe, séduisante en théorie, mais en pratique qui ne fonctionne pas à mon sens : « L’ambition est que chaque personne de cet écovillage se relie à sa motivation intrinsèque et son flow. Là où elle se sent enthousiaste et pleinement engagée dans son activité par passion, en étant désintéressée du résultat. En espérant que l’équilibre économique sera la conséquence naturelle de ce groupe d’humains créatifs et heureux. ». L’équilibre économique n’est tellement pas la conséquence qu’on fait appel à des bénévoles l’été pour s’occuper des clients… => pépite 2.
  • A la question « Vous cueillez les fruits (des 400 arbres fruitiers) ? » on a entendu une réponse du genre « non, on n’y pense pas // c’est trop loin de la maison // c’est trop de travail ». Wow. Si cueillir pour se nourrir c’est trop de travail, je ne prône pas la liberté individuelle au détriment du bon sens ! => pépite 2 (encore).
  • Un manque d’hygiène en cuisine (la moitié des gens sont tombés malades de gastro pendant le séjour), le cuisinier m’a « avoué » (avec le sourire) avoir eu la diarrhée 2 jours avant… Pas de gants, pas de masque, tout allait bien pour lui => pépite 3.

Avec quoi je repars, mes pépites

  • Pépite 1 : j’ai envie d’un collectif transgénérationnel, mais avec des enfants qui vont à l’école en dehors du lieu. Et dans le cas contraire, vivre à la campagne en école « à la maison », ça serait pour moi l’occasion que les enfants mettent la main à la terre, apprennent l’autonomie (de production alimentaire par exemple), le bricolage, la construction… Mais pas qu’ils soient plus ou moins livrés à eux mêmes.
  • Pépite 2 : trop de liberté tue la liberté (ou tout au moins, tu la cohérence du collectif). J’ai trouvé le groupe plutôt hétérogène. De ma perception, certain·e·s bossaient (beaucoup) pendant que d’autres planaient. Mon besoin est une cohérence de groupe, basée sur des actions communes sur le lieu, avec un effort collectif relativement homogène.
  • Pépite 3 : j’ai besoin d’une forme de prévenance et de sécurité pour le groupe. Si je suis malade, j’évite de refiler aux autres, et j’attends la même prudence pour moi et le reste du collectif.

Cet article a été écrit le 14/08/2023

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