La Forge du Vallon

La Forge du Vallon est un tiers-lieu culturel et artistique qui propose également un hébergement de type chambre d’hôtes. La fondatrice, Mirabelle, tient ce bel endroit et recherche à créer un collectif.

Comment j’ai connu la Forge du Vallon : j’y suis allé en couple en immersion en septembre 2022 dans le cadre de ma formation OASIS, puis je suis revenu seul 1 nuit en « chambre d’hôtes » en mars 2023. Cela m’a permis de voir deux ambiances et d’affiner ma perception du lieu.

Rappel : cet article a pour vocation de lister ce que j'ai envie de retrouver dans mon futur écolieu idéal, ce que je veux éviter dans ce même éco-lieu, et les apprentissages personnels qu'ils ont pu m'apporter. Ce n'est pas un "avis utilisateur"...

Fiche technique

  • Lieu : La Forge du Vallon 8, la Métairie 16420 Brigueuil
  • Date de création : entre 2018 et 2020
  • Nombre de résident·e·s : une personne fondatrice et des résident·e·s temporaires.
  • Collectif ou communauté ? Collectif annoncé comme « tiers lieu » sur le site.
  • Bâti : 400 m2 pour 4 chambres en dur dans le bâtiment principal pour loger jusqu’à 14 personnes, plus deux habitats légers (roulottes dont une habitée par la fondatrice); et 800 m2 de dépendances (qui accueillera notamment une future salle de danse de 200 m2).
  • Surface du terrain : 1 ha 3 qui surplombe 18 ha de forêt (communale)
  • Structure juridique principale : Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC)
  • Fondamentaux du collectif (par le prisme de ma propre perception) : le prendre soin des gens qui viennent sur le lieu.
  • Ouvert au public ? oui (chambre/gîtes)
  • Modèle économique : chambre d’hôtes/gîtes.
  • Plus d’infos : www.laforgeduvallon.fr

Ce que je prends

  • Des grandes chambres « tout confort » (lavabo, toilettes sèches, espace qui pourrait accueillir un bureau. Manque juste plus de lumière naturelle dans les chambres pour le bureau). A chaque analyse d’écolieu, je me fais la remarque que (toujours sous condition d’isolation acoustique), une grande chambre pourrait me suffire dans un collectif.
  • Une (petite) cuisine semi-professionnelle, je suis toujours pour.
  • Une salle à manger qui peut accueillir une douzaines de convives, tout en bois, chaleureuse, attenante à la cuisine, me semble bien configurée. D’ailleurs, d’une manière générale, la bâti me semble bien distribué et bien dimensionné pour à la fois avoir de la place, et à la fois ne pas nécessiter trop de travaux d’entretien (par rapport à d’autres écolieux visités dont la maintenance est un tonneau des danaïdes).
  • Une communication orientée artistique et ouvert au public, « compatible avec les gens du coin », de la part de Mirabelle, la fondatrice. Elle avait dit avoir mis l’accent sur l’aspect « artistique » de son lieu (dont une salle qu’elle veut ouvrir au public pour de la danse, notamment) et non « écolieu alternatif » ce qui a évité la méfiance de certains locaux comme j’ai pu l’entendre dans d’autres écolieux.
  • Mirabelle s’est autoproclamée « la mamie chez qui on est bien ». C’est vrai que je me suis senti super bien accueilli, par ses attentions, son amour, sa douceur.
  • La région est belle, plutôt « méconnue » donc accessible. La mairie semblait plutôt sympathique (mais comment ne pas être sympathique avec Mirabelle ?).
  • L’autorisation de faire pipi un peu partout dans le jardin. Ô bonheur simple (et nourrissant l’herbe !)
La salle de spectacles, ouverte en 2023 !

Ce que je laisse…

  • Le manque de « yang » dans la structure du stage (et peut-être du quotidien des résident·e·s ?) : lors de l’immersion à la Forge du Vallon dans le cadre de la formation OASIS, le planning était « très cool », trop cool à mon goût. On avait le choix de faire ou ne pas faire, et finalement, ça manquait de yang, de rythme, de lead, de cadre, à mon goût, ce qui me démotivait un peu => voir pépite 1.
  • Une somme d’individus aux désirs et limites différents ne forme pas une dynamique de collectif : le premier jour de l’immersion, chacun·e a dit ses limites par rapport au groupe, dans une réunion que j’ai trouvée particulièrement longue et poussive. Cela a eu pour résultat une somme hétéroclite de désirs et de limites qui a nuit à l’unité du groupe, et donc à sa dynamique. Et ça a joué personnellement sur mon énergie disponible pour le collectif, et donc dans mon implication => pépite 2.
  • Mirabelle était un peu déprimée de ne pas réussir à former le collectif depuis toutes ces années. Elle a un collectif « toute seule » comme elle le dit. Une des raisons, a priori, c’est qu’elle a acheté le bien seule… => pépite 3.
  • Trop de prendre soin peut paradoxalement me gêner : à table pendant le dîner, on faisait tourner une pierre pour dire « ses pépites », puis « ses cailloux » de la journée. J’imagine que ce n’était pas obligatoire et que j’aurais pu passer, mais je m’y suis senti obligé et ça ne m’a pas mis à l’aise de « parler de force » (je mets bien des guillemets !). En plus je trouve que c’était au mauvais moment (pendant le repas). Quitte à faire une sorte de météo intérieure, je la sacraliserais dans un espace et un temps donnés.
  • A peu près rien sur la résilience (eau, énergie, alimentation…) car ce n’est pas le projet du lieu . Même les animaux sont là par amour pour eux, mais pas pour produire (poules, cochons, chèvres).

Avec quoi je repars, mes pépites

  • Pépite 1 : j’ai besoin d’une mission claire, avec des objectifs intermédiaires, si je veux donner le meilleur de moi au collectif. Trop de flou, trop de liberté, nuit à mon énergie dans la dynamique d’un projet.
  • Pépite 2 : un collectif ne peut à mon sens pas être une somme de désirs et de limites individuels. Le collectif doit définir une raison d’être puissante et fédératrice, puis les membres du collectif doivent voir en toute honnêteté, si oui ou non, ils et elles sont compatibles avec la raison d’être, et décider ainsi de rester, ou de partir.
  • Pépite 3 : acheter seul rend l’ouverture au collectif, très, très difficile. L’ADN du lieu est celui de Mirabelle. Les gens viennent, l’apprécient certainement (elle est adorable et au petits soins), mais repartent. Et cela résonne avec ce que j’ai pu entendre à la pépinière OASIS : il faut d’abord créer le collectif, puis trouver le lieu, et non l’inverse… A la fois…
  • Pépite 4 : … je n’exclus pas le modèle « écolieu-gîte » : j’achèterais seul, je fonderais un lieu, une énergie, un ADN propre, et j’inviterai qui veut à participer (type woofing), à être logé (type gite avec les valeurs d’OASIS), et pourquoi pas à vivre une partie de sa vie dans le lieu (logement moyenne durée comme mes colocs actuels). Ce n’est a priori pas mon projet, mais je ne l’exclus pas… D’autant plus que je rêve qu’un tel modèle ne puisse donner que des bonnes surprises : faire seul et ouvrir aux autres, c’est ne rien espérer des autres, et donc a minima ne pas être déçu et au mieux, avec de bonnes surprises.
  • Pépite 5 : j’ai besoin de contact physique et de câlins. Une limite évoquée par une personne au début du stage a bloqué tout le groupe dans ses hugs et autres attentions tactiles alors que le groupe était habitué à se faire des hugs/câlins pendant les stages et week-ends précédents. Seulement le dernier jour, ça s’est débloqué… 6 jours de perdus ! Ça a cassé chez moi une dynamique de lien et de coeur que j’ai plutôt naturellement.

Cet article a été écrit le 14/08/2023

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