Où trouver de la laine bio française

Ardelaine est une SCOP (société coopérative) écologique et socialement responsable, qui conçoit et vend des produits à base de laine bio (matelas, coussins…) produits en France. Interview.

 

 

 

Philippe Raynaud, Ecolozen : je suis au salon Marjolaine sur le stand Ardelaine – tout ça rime et on parle de laine, justement. Flavien, peux-tu te présenter et présenter la société ?

Flavien Bouancheau, Ardelaine : bonjour, Ardelaine est une SCOP, une société coopérative, ouvrière et participative [NDLR : les initiales signifient Société Coopérative de Production], c’est lorsque les salariés détiennent plus de 50% de la valeur de l’entreprise donc on reste libre des décisions, on n’est pas sous l’influence des actionnaires extérieurs. Ardelaine existe depuis 1982, ils ont démarré à trois copains lorsqu’ils ont trouvé une filature abandonnée en Centre-Ardèche. Sur le constat que la laine était de moins en moins utilisée alors que c’est une fibre qui a pas mal d’avantages, ils ont décidé de relancer cette activité économique. On embauche une à deux personnes par an ce qui fait qu’aujourd’hui en 2017 on est une cinquantaine de salariés.

PR : j’ai vu tout à l’heure sur un panneau l’ensemble des valeurs que vous avez qui sont très liées à l’écologie, c’est pour cela que cela m’intéresse particulièrement de faire cette vidéo, est-ce que tu peux les citer et expliquer en quelques mots chaque point ?

FB : Ardelaine était au fait de l’écologie avant que ça devienne « une mode » qui se développe – on peut dire mode ou pas mode, mais en tous les cas, on en entend de plus en plus parler – sur le constat que c’est une fibre qui possède pas mal d’avantages et qu’il fallait relancer cette activité. La laine pousse sur le mouton, on est obligés de le tondre tous les ans, c’est une fibre qui est locale, naturelle car les tondeurs qu’on a dans notre équipe vont tondre chez des éleveurs qui sont en partenariat avec nous depuis une trentaine d’années. On va tondre la laine chez 200 éleveurs en Ardèche, dans l’Allier et un peu en Lozère. Après, la laine est lavée sans produit chimique. Après, on la travaille dans nos ateliers, et après on vend en direct. La laine n’est pas traitée. Au niveau du circuit, c’est très minime [NDLR : faible empreinte carbone liée au transport] par rapport au circuit du textile et des matelas au niveau mondial aujourd’hui.

PR : du coup vos clients sont principalement en France ou vous exportez aussi un petit peu ?

FB : on vend en direct sur Internet, sur les foires et salons bio en France et Belgique. On a quelques clients en Suisse et en Europe…

PR : … mais ça reste local dans l’esprit. vous n’avez pas de clients au Japon, en Chine ou aux Etats-Unis ?

FB : aujourd’hui, non. Après, dans les années 90 Ardelaine allait vendre ses produits en Allemagne, en Espagne…

PR : et vous vendez uniquement en direct ?

FB : on ne vend que sur Internet. Notre seule boutique est en Ardèche. Ardelaine s’est développée autour de la laine, mais aussi depuis 2010 autour de l’alimentaire. On peut passer une journée sur site, on a un restaurant bio et local, un musée, une librairie. On peut passer une belle journée et on est ouverts toute l’année.

PR : au niveau prix, comment vous vous situez ? Parce qu’on imagine qu’en faisant du bio, en France, de qualité, ça risque d’être plus cher que ce qui est importé, est-ce le cas ou pas ?

FB : par rapport aux matelas, je ne suis pas personnellement allé voir en magasin de literie, mais j’ai des clients qui viennent acheter des matelas chez nous et qui sont surpris qu’on a des prix qui sont compétitifs par rapport à des matelas qui sont confectionnés en Asie avec des matières plutôt synthétiques. On se retrouve sur les mêmes gammes de prix alors que c’est confectionné en Ardèche avec des matières naturelles.

PR : Comment expliques-tu que vous soyez compétitifs ?

FB : le commerce classique du textile ou des matières de matelas font appel à plusieurs intermédiaires et il y a une grosse différence de prix entre le coût du travail et ceux qui vendent – il y a plusieurs intermédiaires donc chacun se prend sa marge. Dans notre cas il n’y a pas d’intermédiaire et même pour le textile, par rapport à des grandes marques qui font confectionner en Asie, on est à peu près sur les mêmes prix, hors là, il y a une qualité et un produit qui est naturel dans son ensemble.

PR : pour conclure, on peut être écolo, bio, respecter les valeurs sociales, et être à un prix normal.

FB : plutôt que d’acheter 2 ou 3 produits par an, qu’on jette tous les 2 ou 3 ans, les clients ont les vêtements depuis 10-15 ans et se disent qu’ils ne vont pas en racheter car ils l’ont toujours [en bon état] : on n’est pas sur des produits obsolètes.

PR : merci !

En savoir plus : https://www.ardelaine.fr/

 

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