L’écologie en Italie

Je débute ici une série « l’écologie en dehors de France » car je profite de mes voyages (professionnels et personnels) pour pêcher les bonnes idées en dehors de nos frontières et vous les résumer. Voici ce que m’a réservé ce beau pays qu’est l’Italie.

Mon voyage d’Octobre 2017 s’est limité à la Toscane et Émilie-Romagne : Bologne, Florence, Pise, Parme, Modène et re-Bologne. Ce que j’ai pu y observer ici ne s’applique pas forcément à toutes les régions d’Italie. En tous les cas, plusieurs choses intéressantes me sont apparues chez eux.

Nourriture

L’Italie a la chance d’avoir des territoires et un climat propices à la culture des fruits et légumes délicieux. Moi qui avais eu un mauvais souvenir d’enfance avec le kaki, j’ai pu redécouvrir ce fruit incroyable. Mûr à point en cette saison (Octobre) et cultivé en Italie, j’avoue, j’en ai repris plusieurs fois au petit déjeuner 🙂

Des kakis bio d’Italie : tellement bons !!!

Un passage au marché à Bologne m’a montré que le réflexe de manger local est très présent en Italie. Bien sûr j’ai pu y trouver quelques fruits exotiques, cependant ils étaient très peu représentés. En discutant avec un ami d’origine italienne, il m’a confirmé que le « kilomètre zéro » était assez répandu.

Une glace bio et « kilomètre zéro » issu de produits du coin : elle n’a pas parcouru beaucoup de distance non plus entre le magasin et mon estomac.

Côté bio, on trouve quelques magasins dont NaturaSí., Almaverde bio, ou Piacere Terra (plus spécifiquement, on trouve Biomi à Milan et Alce Nero à Bologne). D’autre part j’ai pu trouver sensiblement plus de produits bio au marché local par rapport à Paris, et, surtout, j’ai pu découvrir un marché 100% bio à Modène (Mercatino biologico Biopomposa).

Des citrouilles de toutes les couleurs : de quoi faire un Halloween original

Transports

Un ami d’un client, qui avait loué une voiture, a dû payer 1000 € d’amendes en une journée pour être entré et sorti plusieurs fois avec une voiture non-autorisée… Ca ne rigole pas !

La visite de la plupart des centres des villes que j’ai pu visiter me donnait une impression de villes piétonnes. Une des raisons principales est sûrement qu’il existe, dans la plupart des villes d’Italie de taille moyenne une « ZTL » : Zone de Trafic Limité, qui interdit les voitures non-locales de circuler dans le centre (avec verbalisation par caméra, on ne plaisante pas !). J’avais  loué une voiture et j’ai finalement annulé ma réservation et utilisé le train. Grand bien m’en a fait !

Le résultat est très agréable en tant que piéton ou vélocycliste et le vélo y était omniprésent. Et comme les villes en question sont d’une taille moyenne, cela ne dérange pas de marcher ou pédaler, si bien que j’ai fait tous les trajets gare <-> hotel à pied. En tous les cas, il faisait bon respirer dans ces villes (en particulier Parme).

Les vélos ne manquent pas dans le centre de la ville !

Côté transports publics, on trouvera beaucoup de bus – au diesel – mais aussi quelques-uns alimentés en électricité par des câbles aériens.

Egalement, des vélos électriques partagés type Velib.

Mobike propose des vélos à assistance électrique, ici dans la ville de Florence. On peut débloquer le vélo grâce à une appli du même nom.

Côté transports personnels, les deux roues sont fréquents, et beaucoup de voitures sont de petit format (viva la Fiat Punto). Même si le pays n’a pas totalement résisté à la mode mondiale des SUV, ils restent assez minoritaires par rapport à ce qu’on peut voir dans d’autres pays.

Le train est bien développé entre les différentes villes, avec des nouvelles lignes « AV » (à haute vitesse). D’ailleurs les trains proposent le tri sélectif.

Le tri sélectif dans les trains d’Italie.

Et le métro ? Il est très rare car dès que les Italiens creusent pour faire une ligne de métro ils trouvent des vestiges antiques et sont obligés de stopper les travaux…

Gestion des déchets

S’il y a bien un exemple à importer en France, c’est bien la gestion des déchets organiques. Non seulement le tri est sélectif, avec davantage de poubelles séparées (on ne mélange pas le plastique et le carton, par exemple), mais, surtout, on trouve des poubelles de déchets organiques à chaque coin de rue ! La création de compost est donc généralisée et encouragée, ce qui est un atout indéniable à bien des niveaux. En effet :

  • Environ 20 à 30% des déchets ménagers sont des déchets organiques (restes de repas, épluchures…) dont la décomposition pourrait générer un compost riche pour la terre, plutôt que d’être incinéré avec le reste des déchets ménagers
  • En plus, les déchets organiques brûlent mal (car ils sont gorgés d’eau) ce qui réduit l’efficacité des incinérateurs dont la combustion est généralement utilisée pour créer de l’énergie et/ou du chauffage.

C’est une excellente initiative de la part des villes Italiennes d’avoir mis la poubelle « organico » en place. A quand la même chose à Paris et les grandes villes de France ?

« 10 Tonnes de déchets organiques = assez de fertilisant pour un terrain de foot »

Energie

Côté énergie, j’ai pu voir, lors du trajet en train entre Florence et Pise, que de très nombreuses maisons (et quelques bordures de champs le long de la voie ferrée) étaient recouvertes de plaques solaires.

Autres initiatives

J’ai pu découvrir dans cette charmante ville de Parme une « boîte éco-smart » signé Begeo.it qui permet notamment de recharger son téléphone en USB et de profiter d’une connexion Wifi gratuitement, mais surtout – de ce que j’en ai compris – de bénéficier d’une réduction d’impôts ou de points utilisables dans un ensemble de commerces partenaires lorsqu’on recycle des produits (pour cela on les introduit dans la machine via le clapet visible à côté de l’écran).

Conclusion

S’il y a bien une chose que je retiens d’ultra positif côté écologie en Italie c’est bien le tri des déchets organiques. Je sais que dans les grandes villes de France comme à Paris, certains immeubles tentent d’avoir leur propre bac à compost, mais cela est très limité : il faut idéalement un jardin dans l’immeuble et que la majorité du syndic soit d’accord pour pouvoir en mettre un en place. Ici, le fait de le généraliser fait à mon avis une grosse différence en termes de réduction des déchets et valorisation des déchets organiques.

Ti amo Italia. Tornerò.

 

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