La biodynamie vue par un « Nord-Catalan » du Domaine du Traginer

Un interlocuteur bien sympathique « de Catalogne du Nord » (sous Perpignan) du vignoble le Domaine du Traginet nous parle de la biodynamie avec un ton critique du conventionnel qui fait à la fois sourire et plaisir.

Philippe Raynaud, Ecolozen : Bonjour, j’ai pu entendre une discussion d’un de vos collègues sur la biodynamie, pourriez-vous m’en parler et le comparer à l’agriculture dite conventionnelle ? (méthodes, avantages et inconvénients…)

Domaine du Traginet : « la bio et la biodynamie c’est rien de bien compliqué, c’est ce que faisaient nos ancêtres pendant des siècles voire des millénaires, quand on travaille en bio on ne fait que travailler comme travaillaient nos grand-pères il y a 50 à 60 ans avant la mise en oeuvre et la venue des pesticides et autres choses merveilleuses qui nous empoisonnent lentement mais sûrement ».

PR : pourriez-vous nous dire comment vous faites par exemple pour travailler la terre ?

DT : on travaille la terre à la pioche, avec un mulet, on laboure avec des motoculteurs, on a remplacé le glyphosate par de l’huile de coude, comme faisaient les anciens.

PR : est-ce que vous pensez que, comme le disent les défenseurs du glyphosate, la méthode « à l’ancienne » est plus compliquée et qu’il y a moins de rendement ? Quelle réponse intéressante avez-vous à ça ?

DT : effectivement (en bio et biodynamie) on a un rendement qui est plus faible, mais on a une qualité de produit qui est bien meilleure. Donc c’est un choix : il faut savoir ce qu’on veut faire, produire, et manger. Veut-on manger beaucoup et pas bon, ou moins manger mais meilleur, c’est le problème de notre société aujourd’hui, il faut faire des choix, il faut faire le bon choix.

PR : tout à fait, sachant que dans la population occidentale on ne manque pas de nourriture, c’est plus de qualité [NDLR : nutritionnelle] qu’on manque, donc il vaut mieux manger mieux et moins (Sic : dans l’interview j’avais dit « mieux et moins bien », mais on s’est compris !), plutôt que manger beaucoup et pas bon.

PR : au niveau des intrants, vous ne mettez rien ? Vous êtes bio ou biodynamie ?

DT : on est les deux, car  il faut avant tout être certifié bio avant de pouvoir être certifié en biodynamie. Donc on utilise très peu de choses : un peu de soufre en poudre, même si chez nous dans le sud on n’a pas trop de mildiou [NDLR : maladies affectant notamment la vigne], on on n’a pas besoin d’utiliser de sulfate de cuivre ou très peu, et après on utilise de la bouse de corne [NDLR : maturation de bouse de vache dans une corne de vache enterrée durant la période hivernale, plus d’infos ici], de la silice à des doses infinitésimales qui ne présentent aucun danger pour la santé. Lorsqu’on pulvérise les préparations biodynamiques, on peut boire ce qu’on pulvérise, si vous demandez à nos confrères de l’agriculture conventionnelle de boire ce qu’ils pulvérisent, ils ne le feront qu’une fois, ils n’auront pas l’occasion de le refaire.

PR : vous êtes dans quelle région ?

DT : je suis dans le sud de la France, en Catalogne du Nord, en dessous de Perpignan.

PR : merci ! 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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