Empreinte carbone des viandes : comparaison

On peut lire ici et là que l’impact écologique de la consommation de viande est désastreuse, mais certains chiffres se contredisent. J’ai souhaité aller chercher mes propres sources pour créer un tableau comparatif de l’impact écologique des différentes viandes en France et en déduire mes propres conclusions !

Impact CO2 des viandes

Tableau comparatif

AlimentImpact kg CO2eq/kg "net" (mangeable)
Veau (conventionnel)37
Boeuf34,5
Brebis17,9
Poule de réforme - en cage17,8
Poule de réforme - au sol8,33
Poule de réforme, plein air8,18
Poule de réforme, bio7,88
Porc - bio7,14
Dinde - label rouge6,5
Dinde - conventionnel4,69
Poulet - Label rouge4,54
Porc - conventionnel4,9
Canard4,09
Lapin (conventionnel, en cage)4,4
Porc - label rouge/plein air4,3
Poulet - bio3,5
Poulet - conventionnel3,03
Oeuf bio (pour comparer)1,69

Explication des chiffres et calculs

  • On parle d’équivalent CO2 (CO2eq) qui inclut l’ensemble des GES (gaz à effets de serre) dont le méthane (CH4) provenant notamment de la digestion des bovins et dont l’impact CO2 est, sur les 20 premières années, 84 fois plus impactant que le CO2 (source)
  • J’ai fait le choix de me baser sur les chiffres de l’ADEME (source PDF). Ces chiffres prennent en compte uniquement l’élevage en France, a contrario des chiffres que l’on trouve souvent sur le web et basé sur l’impact moyen mondial calculé par la FAO (Food and Agriculture Organization), organisme appartenant l’ONU.
  • J’ai calculé l’impact de la viande sur l’environnement en termes de poids net ce qui permet de dire combien 100 grammes de boeuf dans votre assiette a d’impact. En effet, par exemple pour un boeuf de 740 kg la viande nette mangeable est de seulement 269 kg soit un ratio de 36% (l’ADEME a retenu 38%, gardons ce chiffre). La source du calcul est l’Association Nationale Inter­­professionnelle du Bétail et des Viandes – donc pas une entité pro-végétarienne, donc ces chiffres ne sont pas pas « pro-militants végétariens » – et la moyenne française est bien de 35 kgCO2eq / kg de viande de boeuf contrairement à ce qu’on peut lire sur un article de BFMTV (leur calcul est erroné, je ne sais pas si c’est voulu par volonté d’un lobby de minimiser les chiffres ou bien si c’est simplement une grosse erreur de calcul).
Type de viande Ratio viande net commercialisable / poids vif
Viande bovine 38%
Brebis 38%
Agneau 38%
Chèvre 50%
Chevreau 50%
Porc – conventionnel 49%
Lapin 57%
Poulet de chair – conventionnel 66%
Canard à rôtir 66%
Dinde 66%

Tableau comparatif avec détails

AlimentImpact kg CO2eq/kg d'aliment "poids vif"Impact kg CO2eq/kg "net" (mangeable)
Boeuf13,113,1/38% = 34,5
Brebis6,86,8/38% = 17,9
Canard2,72,7/66% = 4,09
Dinde - conventionnel3,13,1/66% = 4,69
Dinde - label rouge4,34,3/66% = 6,5
Lapin (conventionnel, en cage)2,52,5/57% = 4,4
Porc - bio3,53,5/49% = 7,14
Porc - conventionnel2,42,4/49% = 4,9
Porc - label rouge/plein air2,12,1/49% = 4,3
Poule de réforme - au sol5,55,5/66% = 8,33
Poule de réforme - en cage11,811,8/66% =

Remarques :
- Basé sur ratio des poulets
- une "Poule de réforme" est ce qu'on fait de la poule pondeuse une fois qu'elle ne pond plus... On l'abat pour la manger...
Poule de réforme, bio5,25,2/66% = 7,88
Poule de réforme, plein air5,45,4/66% = 8,18
Poulet - bio2,32,3/66% = 3,5
Poulet - conventionnel22/66% = 3,03
Poulet - Label rouge33/66% = 4,54
Veau (conventionnel)1414/38% = 37 (basé sur le même ratio que le boeuf à défaut de l'avoir sur le doc de l'ADEME)
Oeuf bio (pour comparer)1,41,4/83% = 1,69 (la coquille pèse environ 17% du poids de l'oeuf quand même)

Quelques remarques :

  • Les dénominations des viandes sont directement reprises de l’ADEME, dont le document source manque parfois de précision sur le mode d’élevage (ex : le boeuf n’est pas indiqué comme « conventionnel »).
  • La « poule de réforme » est la poule qui est tuée une fois qu’elle ne pond plus assez. Comme vous pouvez le voir, l’impact CO2eq de la poule de réforme est sensiblement supérieur à celui du poulet de chair, l’explication principale à mon sens étant la durée de vie de la poule pondeuse (environ 11 mois) par rapport au poulet de chair (96 jours d’après l’ITAB). Hors la poule pondeuse nous nourrit par ses oeufs pendant une partie de sa vie (a priori à partir de 6 mois, pendant 5 mois, donc). D’un point de vue purement nutritionnel, du coup, je pense que l’impact CO2eq des oeufs pondus doivent en partie être déduits de l’impact CO2eq de la poule de réforme : le poulet de chair ne produit pas de nourriture (pas d’oeufs) pendant sa vie et sera donc mangé, alors que la poule de réforme aura pondu environ 100 à 150 oeufs avant d’être mangée. Dans les faits, mon intuition me dit que l’impact CO2eq « net » de la poule de réforme est proche que celui du poulet de chair.

Viandes les moins polluantes

Quelle viande préférer ? A défaut de devenir quasi végétarien comme c’est mon cas, consommer du poulet aura l’impact le plus faible sur l’environnement avec environ 3 à 3,5 kgCO2eq / kg de viande nette. Dans mon cas, je mange des oeufs tous les jours ce qui me permet d’avoir ma dose de protéines animales (que je pourrais également remplacer par des protéines végétales, je sais…) et ce avec un impact minime sur l’environnement.

Viennent ensuite le canard, le lapin (4,4 kg CO2eq/kg de viande nette) puis le porc… A condition qu’il ne soit pas bio (!), en tous les cas sur le papier (je reviendrai sur ce sujet controversé dans un prochain article). Le boeuf est le « champion » de l’impact écologique avec 34,5 kg CO2eq / kg de viande nette en France (je n’ai pas fait les calculs détaillés pour l’élevage intensif du boeuf U.S. dans cette première version de l’article mais cela doit 1. être pire et 2. être inacceptable en termes de traitement animal, mais c’est un autre débat).

Question supplémentaire concernant le boeuf : admettons qu’on veuille continuer à manger du boeuf en France tout en se limitant exclusivement aux prairies françaises qui sont non-cultivables, combien de kg de boeuf par an peut manger la population française ? Vous avez 2 heures pour rendre vos copies 😉

Conclusions

Personnellement je reste quasi-végétarien. Pour celles et ceux qui n’ont pas le courage de devenir végétariens (ce que je comprends parfaitement), le premier pas serait de mesurer les quantités de consommation de viande et alterner repas carnés et repas non carnés (qui peuvent inclure des oeufs) afin de manger moins de viande. D’autre part privilégier le poulet aura le meilleur impact CO2eq pour un carniste.

Pour finir, j’espère dans un prochain article vérifier et calculer les vrais chiffres de la pollution bovine dans le cadre d’un élevage extensif en prairies, en effet l’équation n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît, car beaucoup de choses « reviennent à la terre » dans le cycle de ce type d’élevage (eau, excréments azotés, et).

Quelques liens intéressants

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2 réflexions sur « Empreinte carbone des viandes : comparaison »

  1. Bonjour et merci pour ces comparaisons. Est il possible d’avoir également une idée de l’impact CO2 eq du maïs (ou des pois chiche par exemple en équivalent protéines animales) en tenant compte des pompes nécessaires pour arroser, de la fabrication des pesticides, des tracteurs, du carburant des tracteurs, du stockage, des transports, de la mise en conserve ou de la congélation ?… idem pour les fruits…? Merci et bon week end

    1. Bonjour Westie, merci pour votre commentaire !
      Les grands esprits se rencontrent 🙂 Dans de prochains articles je ferai également l’équivalent CO2 des autres aliments (légumineuses, légumes, fruits)… Et dans un futur proche j’espère lancer un blog dédié à l’alimentation durable, qui donnera également l’impact par type de nutriment recherché (exemple : protéines). Pour des raisons de simplicité et parce que je n’ai pas une équipe de chercheurs à mon service, je reprendrai la super base documentaire de l’ADEME. Il est probable que tout ce que vous demandiez (pesticides, tracteurs etc) n’est pas dans le document de l’ADEME, en revanche ils ont fait attention à comparer ce qui est comparable, par exemple ils ne vont pas inclure le transport des aliments pour un aliment et par pour l’autre, ce qui permet au moins d’avoir une valeur comparable.

      Et en bonus, voici le site d’un calculateur par aliment et par menu fait par des chefs cuisiniers et basés sur des recherches scientifiques également, qui incluent le mode de distribution (transport…) et le mode de conservation (frigo, congélateur, frais…) : http://www.bonpourleclimat.org/calcul-empreinte-carbone/

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